ECRITURE "Vent de lettres"
13 Mai 2013
- En écrivant ce texte, j'ai éprouvé quelques pincements au cœur.
Je ne pouvais disserter sur le savoir-faire, sans vous parler d'une personne, Une femme exceptionnelle, dotée d'un savoir-faire incomparable, peut être pouvez vous, penser que ce puisse être ma mère ! Mais il en est rien, certes ! ma mère, étant enfant, je l'ai aimée,voir admirée ! Mais cette grande dame ! je l'ai vénérée ! elle était : « Ma Grand-mère !»
Tout gosse, je la suivais partout, c'est elle qui m'a appris toutes ces choses que l'on acquière uniquement en écoutant les anciens. Elle a beaucoup œuvré pour mon éducation. Je lui dois tant de choses
Lorsque nous sortions au jardin,ou en promenade elle m'expliquait le secret et les vertus de certaines plantes, en ces temps les anciens prenaient le temps de parler, d'expliquer aux jeunes, de transmettre leur savoir, ainsi que leur savoir- faire, et nous Nous les écoutions!
- Aujourd'hui! je la vois encore cueillir ces herbes folles pour préparer les sauces dans sa cuisine, celles qui allaient agrémenter tous les repas savoureux que nous allions déguster en famille, ou bien celles qui allaient apaiser tous ces petits maux contractés lors de nos péripéties entre gamins. Elle me disait : Tu vois petit ! La nature a bien fait les choses, des plantes pour guérir et d' autres pour manger, pendant des heures, je l'écoutais attentif à tant de savoir.
Elle n' avait pas fréquenté les grandes écoles,mais l'enseignement qu'elle me prodiguait
sur les gestes simples de la vie, sa façon d'expliquer les choses, faisaient d'elle,à mes yeux la meilleure des enseignantes, j'étais attentionné à ses dires, à tous ses gestes, à sa façon de faire. Je me souviens d'elle tricotant, sans regarder son ouvrage, une vraie fée à mes yeux d'enfant.
mais le lieu, où son savoir- faire s'affirmait le plus, qui était pour elle un sanctuaire, n' était autre lieu que sa cuisine. Avec peu elle préparait tant de recettes, jamais je n'oublierais.
Au pied de son vieux fourneau, elle en a mijoté de bons petits plats. Minutieusement! tout y était préparé et rangé dans cet office, dont l'entrée nous était strictement interdite!
Pourtant! je me souviens d'elle s'affairant autour de ses cocottes en fonte et de ses poêlons noircis par le feu. Ce n'était pas l'instant de la déranger dans ses œuvres , ni de vouloir percer ses secrets. J'ai encore en moi l'odeur de ces plats si simples,mais qui fleuraient bon les plantes sauvages et aromatiques. J'ai encore la saveur de ces poulets rôtis dans ce four, chauffé au feu de bois qui me taquine les papilles.
Mais le plus extraordinaire, un vrai péché, n’était qu'un simple riz au lait cuit au four, je n'ai jamais trouvé son équivalent, et malgré tous ses conseils, je n'ai jamais pu reproduire la même onctuosité ni la même saveur,je n'ai pas son savoir-faire, ce qui fait toute la différence.
-je l'entends encore me dire: Écoute gamin il n'y a pas de mystère si tu veux bien faire les choses, sois à l'écoute, avant l’exécution de ton travail, réfléchi à ce que l'on te demande, prends tout ton temps pour le faire, vite et bien ne vont pas de paire, lorsque ces conseils tu auras compris, il te suffira de mettre du cœur à l'ouvrage alors ! tu auras acquis un certain savoir faire, ton savoir faire...